
Mon journal
Voici mon journal de bord pour raconter toutes les étapes de mon périple caritatif
Mercredi 4 Septembre 2019
Évolution ! Pourquoi cela ne me surprend pas que je n'ai pas su tenir ce journal comme il faut. En fait, ce n'était pas comme si je ne voulais pas écrire. Je n'en avais juste pas la force psychique. Détrompe-vous, ce n'est pas en lien avec le projet Bric-à-brac. De ce point de vue-là, tout se passe bien. Mais mes tendances lunatiques reprennent toujours le dessus. Donc sans raison aucune, je n'avais plus goût à rien. Une force invisible m'assaillait le cœur et le serrait tel un étau. Mon corps paraissait être mon propre geôlier. Pendant un moment, je ressentais de nouveau l'état de déchéance dans lequel je me trouvais lorsque j'écrivais mes poèmes qui sont dans Bric-à-brac. Personnellement, je trouvais la situation cocasse. J'en rirais presque si je n'en avais pas souffert un peu.
Enfin bref, vous vous doutez bien qu'il ait pu se passer beaucoup de choses en un mois et vous auriez tout juste. En peu de temps, pour légitimer ma cause, j'ai pu collaborer avec une association du nom de Précurseur (grâce à mon oncle). C'est un nom très porteur vous ne croyez pas ? J'ai aussi évolué au niveau de mes idées caritatives. Maintenant, mon but sera plus axé sur les enfants les plus démunis. Grâce à l'aide de mon mentor au niveau artistique, j'ai pu améliorer la mise en page dans mon livre, notamment de mes dessins. L'effet est impressionnant (merci M. Fred !). J'ai vendu une dizaine de livres et j'ai même reçu parfois des petits dons. Croyez-moi ça n'a pas été de tout repos. J'ai commencé le processus de distribution pour que le livre soit vendu sur Amazon. Je n'ai pas encore fait de réelles publicités, mais j'y travaille. Toutes ces rencontres m'ont permis d'améliorer ma façon de faire en terme de présentation du produit.
Même
s'il eut des personnes quelques fois très dures à convaincre, elles
restaient tout de même bienveillantes envers mon projet et moi. Pour ma part, cela reste l'essentiel ^^
Jeudi 8 Août 2019
Enfin arrivé ! Cela fait déjà plusieurs jours que j'attendais le colis. L'attente a laissé place au doute. Mon livre sera-t-il de bonne qualité ? La mise en page que j'ai faite ressortira-t-elle comme je l'ai voulu ? Son contenu valait-il de sortir du placard ? La crainte de l'erreur parasitait progressivement mon engouement qui avait guidé tous mes pas depuis le début.
Ce
fut donc le cœur battant et les mains moites que je récupérais mon
colis des mains du facteur après plusieurs dizaines de minutes
d'attente. Cette excitante anxiété me troublait
certes, pourtant, il ne me fallut que quelques secondes à peine pour
déchiqueter le carton qui emprisonnait mon tirage d'exemplaires. La découverte de cette dernière me fit un choc et une saisissante satisfaction me faisait convulser de bonheur. Je détaillais, étudiais plus profondément mon œuvre. C'était comme je voulais, exactement comme je le voulais. Je n'y croyais pas ! Ce travail était-il vraiment de moi ?
Je m'étais précipitée vers ma maman pour lui montrer le travail finalisé. Elle en était tellement fière qu'elle me fît un énorme et chaleureux câlin. J'espère arriver à mes fins.
Lundi 5 Août 2019
L'heure d'expliquer mon idée à mon oncle avait sonné. Après tout, n'était-il pas l'initiateur de cet élan qui m'a donné la force de créer Bric-à-brac ? Et puis si je voulais exploiter au mieux ce projet, il était la meilleure personne pour m'aider. À côté de son habit de professeur, mon oncle est très souvent dans les bonnes œuvres. De plus, il me semble être le seul relai fiable pour apporter à bon port l'aide que je souhaite donner. Tout amenait à la même conclusion. J'avais hâte de lui expliquer pour connaître sa réaction. J'ai dû attendre plusieurs jours pour trouver le moment propice.
Une fois ce moment venu, je lui racontais tout ce que j'envisageais.
Mais l'attente de ce dialogue avait été si insoutenable que mon
discours se présentait comme un déferlement de paroles
incompréhensibles. Je débitais, débitais à n'en plus finir rendant des parties de phrases inintelligibles tant la satisfaction m'envahissait. Le pauvre eut bien du mal à me comprendre.
Déjà qu'il devait chercher à comprendre comment sa nièce pouvait éditer
un livre sur un coup de tête, ce n'était pas gagné pour lui. Heureusement pour moi, ma mère est une très bonne traductrice et il a fini par comprendre le comment du pourquoi. Que ferais-je sans elle ...
Vendredi 2 Août 2019
Ma version numérique est prête ! Enfin ! Cette réussite n'est due que grâce à ma persévérance durant plusieurs heures de labeur. Quand je pense que beaucoup de gens ont la furieuse habitude de croire que les jeunes savent tout des dernières technologies. Ils me font bien rire ceux-là. Pour ma part, ce n'est que des foutaises. Je ne sais pas plus par rapport à ce que demande ma vie quotidienne. Et encore, sur ce point, je me trouve optimiste. Pour vous dire à quel point cela a été difficile ; j'ai dû me résoudre à abandonner la version EPUB pour la PDF parce qu'elle était nettement moins contraignante à produire. Ce sont des situations comme celles-ci qui me rappellent mes limites en informatique. Je suis au moins arrivée à quelque chose. Et puis cela m'a fait oublier durant un moment la commande de mes épreuves. Que j'ai hâte !
Jeudi 1er Août 2019
Bric-à-brac est publié ! Vous trouvez cela un peu rapide, moi non. Je l'ai édité moi-même. Ce n'est pas très compliqué au vu des plateformes d'auto-édition qui pullulent ces dernières années.
D'ailleurs, heureusement que ce genre de sites existe, car dans le
monde de l'édition traditionnel, il y a souvent très peu d'élus. Non pas parce que le manuscrit (ou plutôt tapuscrit pour être plus exacte) est forcément mauvais, mais parce qu'il y a un risque que cela intéressera peu de lecteurs. Parfois, malheureusement, ces éditeurs ont bien tort de le penser et passent à côté de certaines pépites littéraires.
J'étais fière de mon contenu. Je vous avouerais même que je ne m'attendais pas à posséder autant de poèmes. Bien sûr, je savais qu'ils avaient occupé une partie de mon activité artistique durant ces dernières années scolaires. Cela reste toujours un étonnement de voir un corpus aussi long et au fond, cela est rassurant. Je veux que mon projet aboutisse, mais loin de moi de négliger la qualité de mon œuvre. Si un potentiel public me lisait, je ne veux pas me couvrir de ridicule. La couverture aussi me plaisait. Encore une fois, j'y ai pu intégrer un de mes innombrables dessins. On est face à du 100 % made in Sandra.
Je ne veux pas mêler mon destin au monde des illustrateurs ou des
artistes en revanche, c'est toujours un plaisir extrême d'utiliser ma
capacité à dessiner. J'ai travaillé dur pour l'acquérir. Autant qu'il serve à quelque chose.
Par ailleurs, bien que le livre soit publié, il n'était pas encore possible de l'acheter. Avant toute chose, je voulais vérifier sa mise en page.
Par conséquent, j'ai acheté pour mon compte deux exemplaires afin de
m'assurer que le livre soit exactement comme je le souhaitais. Si c'était le cas, je pourrais enfin le mettre sur le marché. Il n'y avait plus qu'à patienter. Mon corps le ressentait déjà comme un supplice. À la vision d'une hypothétique réussite de cet ambitieux projet, mon calme habituel s'effrite. Il fallait bien de toute façon que j'essuie quelques souffrances. La règle en était ainsi. Alors pour patienter à temps soit peu, je m'attelais à travailler la version numérique.
Mercredi 31 juillet 2019
D'ailleurs, qui va les détromper dans cette perception erronée ? Sûrement pas les Haïtiens de ce pays-là. L'orgueil d'être vu comme des personnes accomplies leur interdit de souffler toute vérité. Ils osent même surenchérir la sotte croyance.
Je veux bien concevoir que sur certains points la diaspora ait des avantages. Or, ce n'est rien comparé à la bataille qu'il doit mener chaque jour de son existence à s'en éreinter le corps et l'esprit. Si l'autochtone savait à quel point il est difficile d'obtenir quelque chose quand on n'est pas chez soi. Ce cercle vicieux existe dans beaucoup de pays. Mais que voulez-vous ?
Bon, la volonté, je l'avais, mais il me fallait une idée viable. Tout de suite, je me suis dirigée vers l'idée de vendre des dessins. Au fond, je savais que cette proposition courait à sa perte. Je l'avais tant et si bien utilisée que j'en avais fatigué ma clientèle habituelle. Et puis vu mes qualités graphiques, économiquement parlant, je ne serais pas allée bien loin. Durant toute la journée, le trafic neuronal était bouché par une abondance d'idées plus farfelues les unes que les autres me polluant la tête de douces rêveries et d'espérances.
Ce ne fut que vers l'après-midi que la bienheureuse idée arriva. Je flânais sur mon ordinateur -- plus par habitude que par utilité -- à la recherche toutefois de la moindre étincelle de génie. Comme souvent, je passais dans mon site internet pour vérifier si je l'avais rafraichie récemment. J'avoue n'avoir jamais compris ma capacité à avoir de bonnes notes à l'école avec une mémoire aussi chancelante que la mienne. C'est un mystère neuronal dont je devrais un jour m'y pencher. Je décide de détailler toutes mes pages et mes yeux se posent irrémédiablement sur mes poèmes. Le poème est un genre littéraire que j'ai toujours révéré depuis toute petite et je prenais un plaisir fou à en composer. Durant mon adolescence, j'avais un peu abandonné cet art au profit du dessin. Cependant, ma souffrance estudiantine s'est jetée dessus pour se saupoudrer de lyrisme. Depuis, les vers, les rimes ne me quittent plus.
Pendant que je les lisais, je fus saisie par leur nombre. Après ce constat, l'idée arriva : un petit livre. Et pourquoi pas ? Il y avait tellement de textes endormis qui attendaient d'être lus par des yeux nouveaux. En l'auto-éditant, un livre me rapportait plus que mes simples dessins. Soit ! L'affaire était conclue et je farfouillais déjà à la recherche de mes textes. Oh ! J'avais déjà un titre. Bric-à-brac... Hm..., ce n'est pas trop mal...
Mardi 30 Juillet 2019
Je veux aider ! C'était l'appel d'un cœur. Oui celui de mon cœur qui ne supporte pas la souffrance gratuite. Un de mes oncles a envoyé un message à maman sur la situation intolérable d'Haïti. Tout y est tellement cher, même la nourriture la plus basique. C'était prévisible après tout. La dévaluation de la monnaie haïtienne (le gourde) s'aggravait de jour en jour à côté de son pesant parent, le dollar américain.
Les gens avaient voulu vainement camoufler en comptant en "Dollar
haïtien" mais cela n'a fait que reporter le tourment pour quelque temps.
Et puis comment ne pas parler de problème économique sans évoquer le scandale de l'affaire Petrocaribe. Il s'agit sans aucun doute du scandale de l'année. Il est un exemple typique de notre impossibilité à faire confiance à nos gouvernants. Ah ! Que de belles paroles, le président Jovenel Moïse nous a dorlotés, gâtés. Après cette révélation par la Cour des comptes haïtienne, ce fut un coup dur. Et le pays comme une digne femme antillaise offensée de s'être faite tromper, s'est révolté de tout son soûl. Pourtant, en dépit de sa haute fierté, il reste brisé de cette énième duperie.
Je ne parlerais pas non plus de la pluie, qui comme à chaque fois, se faisait attendre jusqu'au dernier moment. La prétentieuse attendait avec quiétude que les récoltes soient bien détruites.
C'est comme si elle avait une jauge de détresse et seulement quand elle
ressent l'agonie mortelle des habitants, elle daigne enfin paraître.
Ou bien, tout comme les grands pays qui se croient avoir la légitimité
de gouverner le monde, les malheurs d'Haïti était les dernières de ses
préoccupations.
Mais me direz-vous : pourquoi est-ce que ce n'est que maintenant que je m'en préoccupe vraiment ? Ce serait loin d'être impertinent. Bien au contraire, vous auriez raison de la poser et je vais me hâter d'y répondre. Eh bien... C'est tout simplement par rapport à mon oncle. Pour que vous compreniez bien la chose, je vais vous dépeindre un peu le personnage. Mon tonton K. est une personne d'un tempérament doux et réservé. Il est ce genre de personne où la parole se fait rare parce qu'il est un trésor de vertus. Mon oncle vous parlera seulement s'il a véritablement quelque chose à dire ou bien si la situation est dans une phase critique. C'est pour cette raison que même dans le besoin, il ne vous demandera rien. Il le fera certainement pour quelqu'un d'autre, mais sûrement pas pour lui. Il ne dira rien même à ma mère qui est pourtant l'aînée de la fratrie. Ajoutez à cela, son caractère très économe. Le bonhomme vit très près de ses sous. Quelques malotrus le traiteront d'avare. Pourtant, croyez-moi, lorsqu'il s'agit d'une action qui en vaut vraiment la peine, sa main devient plus leste.
Après
vous avoir confié tout cela, vous imaginez bien le désarroi commun de
ma mère et moi quand nous entendîmes son timide mais saisissant appel à
l'aide. À ce moment-là, je me suis dit que l'heure était vraiment grave. Depuis tout ce temps, j'étais comme anesthésiée par tout cela malgré moi.
Tant que la souffrance ne nous fait pas réellement face pour bousculer
notre vie plus ou moins paisible, inconsciemment nous n'y croyons pas. Il ne faut pas trop nous en vouloir non plus. Les médias sont les fournisseurs de cette drogue indicible. En tout cas, à cet évènement précis, moi, Sandra Gédéon, enfant de la diaspora haïtienne de France, j'ai décidé d'agir.
Le Poème sans fin : Un jour, une rime (commencé le 25 mars 2019)
Je sème dans la vie
Quelques graines de ma folie
Saupoudrés avec parcimonie
Pour créer l'harmonie
Cette folie n'est d'un faux lit de fausses lys
Mais d'amis, de ma mie, non pas de mamie
La vie est comme la Vis
Elle t'emporte dans les flots et peut te couler
Pourtant la vie n'est pas comme une vis
Tu dois chaque jour la louer et non la clouer
En revanche, la vis et le vice sont similaires
Pour te mettre en danger, ils vont de paire
J'aime une paisible vie comme une légère brise
Car la cacophonie me brise
Enfin je suis parce que je me suis
Si je me sens pleine de suies
Alors c'est que je ne suis plus
Par conséquent, il faut que je m'essuie
Pour revenir à l'époque où je me plus